
Terrain
Porracolina, repérage dans les nuages

Deux sommets de Cantabrie que je ne connaissais pas, et des nuages du début jusqu’à la fin !
Octobre 2026 · Porracolina et Mosquiteru, Cantabrie
Samedi 3 octobre, 9 h 15, départ de Bilbao avec David, direction la Cantabrie. L’idée : aller repérer les hauteurs d’un massif que je ne connaissais pas, pour préparer une future sortie en groupe sur laquelle il sera guide.
Tout au long de la journée, j’ai appris une belle poignée de mots d’espagnol. Mon préféré : quitamiedos, littéralement les « ôte-peurs », pour les glissières de sécurité au bord des routes. Avouez que c’est plus parlant que chez nous, non ?
La montée en voiture mérite le voyage à elle seule, 600m de dénivelé, des côtes à 26% (!!!) et des virages en « fer à cheval » comme on dit ici. Puis on se lance à pied en plein sur la len de Hormías, direction le Mosquiteru, et très vite on se retrouve dans les nuages. Quelques fenêtres s’ouvriront dans la brume, mais pas autant que je l’espérais en venant ce matin là.
Le terrain est chaotique, boueux, et il faut passer trois ou quatre ressauts rocheux, dont un assez aérien. Pas un terrain pour les débutants, définitivement. Pour une sortie de groupe, ça méritera un peu de casting en amont.
Au sommet du Mosquiteru (une porra, comme on dit ici : un sommet fait de couches de calcaire concentriques, typique du coin), on casse la croûte. Moment suspendu.
On enchaîne avec le sommet de Porracolina, où l’on entend le tonnerre au loin, vers les Picos de Europa. La pluie était annoncée, il est grand temps de redescendre. Le brouillard s’épaissit à chaque pas et, sur la fin, la pluie s’y met. J’en tomberais malade le lendemain !
Je sais que, pour beaucoup, c’est une journée ratée : pas un panorama, pas une crête dégagée. Pour moi, c’est exactement ce que je viens chercher là-haut. Le brouillard suggère, il ne montre pas. Il efface les routes, les lointains, tout ce qui encombre, et il ne reste qu’un arbre tordu sur le karst, une vache qui sort du blanc, un troupeau qu’on devine au fond d’un vallon. Deux chamois magnifiques auraient pu rejoindre la carte mémoire, mais le terrain exigeait d’avoir l’appareil dans le sac à ce moment là.
Retour sur Bilbao, sous une pluie battante. Je suis épuisé. David propose un verre à Castro Urdiales, mais je n’ai plus de jambes et les premières fébrilité du coup de froid se font sentir. Ce sera pour une autre fois !
Je rentre surtout reconnaissant : pour cette journée, d’avoir un corps en bonne santé qui me permet d’explorer ces recoins perdus, et pour le fait d’avoir des amis espagnols bienveillants, prêts à se perdre dans les nuages un samedi matin.
Une belle journée là-haut, en somme !
Nicolas










